Hors-Temps à la Fonderie du Mans
Installation Sonore in-situ pour 11 hauts-parleurs et transducteurs
“Vous êtes à la fonderie, lieu de résidence de création artistique fondé en 1985 par le Collectif du Radeau comme lieu de travail et de vie, accueillant des collectifs de théâtre et de musique entre autres formes d’action culturelle et sociale."
Hors-Temps à la Fonderie du Mans est une exploration des relations qui peuvent se tisser entre le son et la matérialité physique et sociale du lieu qu’il occupe, qu’elle soit présente ou passée. La création est née d’un temps de résidence durant lequel j’ai rencontré de près la vie au quotidien du lieu et de cet espace en particulier, et subséquemment composé avec ses objets, ses sons et ses différentes énergies.
Le travail est de plus inspiré de la genèse de cet édifice, qui était une fonderie industrielle fondée en 1841, lorsque la ville du Mans a décroché le contrat du passage de la ligne Paris-Rennes par Le Mans plutôt que par Alençon, et que ce lieu a conséquemment pu exister et se développer en produisant les rails des chemins de fer, les wagons, en plus des plaques d’égouts et les lampes de la ville.
L’installation est composée de 6 créations sonores résultant de processus de recherche et de création variées. Sa matière première est les fréquences de résonance du lieu et son acoustique ainsi que les possibilités de vibrations de ses objets et matériaux; des fragments de sons concrets enregistrés pendant une coulée d’une sculpture en bronze, les voix d’anciens ouvriers tirées des interviews trouvés dans le fond sonore des archives départementales de la Sarthe, ou encore des enregistrements effectués à la fonderie actuelle. Ces différents sons sont diffusés dans des excitateurs placés sur divers matériaux dans le lieu, faisant résonner ces derniers de son histoire matérielle et invisible.
Ce projet se veut aussi comme un positionnement par rapport à l’économie de la production et de la spatialisation sonore contemporaine, travaillant dans l’économie des moyens et respectant ainsi autant que faire se peut l’identité du lieu qui l’héberge.